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DES AFFAIRES EN FAMILLE!

Enseignant en comptabilité au Centre de formation professionnelle Le Granit depuis plus de 20 ans, René Pelchat a fait depuis quelques années une place dans sa vie à la fibre entrepreneuriale qui l’anime. Celui qui navigue maintenant entre sa famille, son emploi et deux entreprises, 3Dclik et Mes doux souvenirs, nous parle de son parcours d’entrepreneur à travers les bouleversements qu’a entraînés la crise de la COVID-19.


Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

Depuis longtemps, René éprouve un grand intérêt pour l’impression ainsi que pour les technologies qui permettent de conceptualiser des objets.


« Il y a plusieurs années, j’ai tellement eu un gros coup de cœur pour une photo de ma conjointe que j’ai décidé de faire des recherches afin de la mettre en valeur au moyen de la lithophanie, un art méconnu et très ancien. »


Cette technique complexe consiste à imprimer une œuvre sur un matériau très fin, par exemple, une gravure sur porcelaine comme c’était souvent fait autrefois, puis de la rendre visible en la mettant devant une source lumineuse. Voyant le potentiel de la lithophanie pour offrir des souvenirs impérissables aux personnes ayant perdu un être cher, pour une naissance ou même pour immortaliser un paysage, René lance l’entreprise Mes doux souvenirs.

En parallèle, il développe son expertise en impression 3D, un domaine qui partage certains points communs avec la lithophanie. Emballé par la possibilité d’ajouter des cordes à son arc avec cette technologie, il achète des équipements de l’étranger afin de produire différents objets sur mesure, notamment pour le domaine commercial. Soucieux d’approfondir ses connaissances entrepreneuriales, René décide de suivre, à l’automne 2019, le cours de Lancement d’une entreprise offert par le Centre de formation professionnelle Le Granit. Cette démarche l’amène à prendre la décision de scinder son entreprise en deux entités distinctes : Mes doux souvenirs, pour la lithophanie, et 3Dclik, pour l’impression 3D.


« Même si les deux entreprises se recoupent sur certains éléments et utilisent parfois les mêmes machines, l’approche client est très différente, alors c’était plus cohérent pour moi de faire cela comme ça. »


Enthousiasmé par son cours, René a le vent dans les voiles au début de l’hiver 2020. Il scelle des ententes avec des partenaires et fait l’acquisition de machines et de matériaux pour faire croître ses entreprises. Puis, la crise de la COVID-19 se déclenche, anéantissant d’un seul coup plusieurs partenariats d’affaires qu’il s’apprêtait à concrétiser.

Au tout début du confinement, il encaisse le coup et profite de ce temps imprévu avec ses deux fils. Puis, l’entrepreneur en lui sent l’impatience le gagner :


« Qu’est-ce que je fais avec mes machines qui ne servent à rien? Avec mes matériaux qui dorment? »


René en profite donc pour explorer ce qui se fait en impression 3D en lien avec la pandémie. Après avoir fait quelques visières, il fabrique finalement des tire-portes. Heureux de se rendre utile avec son expertise, il ressent toutefois un malaise.


« Tout d’un coup, j’ai comme eu peur d’avoir l’air de vouloir faire de l’argent sur le dos de la pandémie. Comme n’importe quel entrepreneur, je voulais me faire connaître, montrer ce que je peux faire, mais je ne voulais pas nécessairement faire de l’argent avec mon projet dans une période pareille; sauf que je ne voulais quand même pas en perdre non plus! »


Avec les conseils de sa coach du cours de Lancement d’une entreprise, il décide d’allier son projet à une cause qui lui tient à cœur. Ainsi, il offre à la Maison de la famille du Granit de lui remettre tous les fruits de la vente de ses tire-portes. Pour que son projet soit viable, il conclut des ententes avec Masonite et Vitrerie Mégantic afin d’utiliser gratuitement leurs rebuts de production pour réaliser son produit.

« Pour moi, c’était tout naturel d’offrir ces sommes à la Maison de la famille, d’autant plus que c’était vraiment un projet familial pendant le confinement. Mes deux fils m’ont vraiment aidé, on a décortiqué ensemble toutes les étapes sur un tableau. On passait le temps, j’apprenais des choses à mes enfants, mes machines tournaient : c’était parfait, finalement! »


Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

René se surprend à être ému en relatant cet épisode du confinement avec ses enfants. Il se dit fier de les impliquer dans ses entreprises et qu’ils puissent apprendre sur l’entrepreneuriat et l’importance du don. De plus, en repensant à ce que la COVID-19 lui a fait vivre, il affirme avoir vraiment expérimenté ce qu’est la capacité de « pivoter » des entrepreneurs et l’importance de se décoller de l’arbre pour mieux voir la forêt qui l’entoure afin de prendre des décisions éclairées.


« Mon plan d’affaires tout frais a dû retourner à la planche à dessin, avec tout ce qui s’est passé… mais ce n’est pas grave, j’ai beaucoup appris dernièrement et j’ai encore la flamme! »


Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

Même si la crise de la COVID-19 a généré beaucoup d’imprévus et a ralenti momentanément l’expansion de ses projets entrepreneuriaux, ceux-ci ont repris de plus belle avec la fin du printemps et le début de l’été. En plus d’avoir recommencé ses activités de production et d’être lauréat d’une bourse attribuée par la SDEG à certains finissants qui se démarquent dans le cours de Lancement d’une entreprise, il développe maintenant un partenariat avec l’entreprise Hérissons créatifs. Cette entreprise, qui commercialise des produits de bois et d’acrylique gravés et découpés au laser, a récemment été lancée par nulle autre que sa conjointe, Nancy Dumas…



Décidément, pour René Pelchat, l’entrepreneuriat est une affaire de famille!

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