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DEUX PARCOURS, UNE NOUVELLE VOCATION!

En ce début d’automne, Nancy Hudon, 48 ans, et Annie Babin, 44 ans, viennent toutes deux de compléter la formation de Soutien aux soins d’assistance en établissement de soins de longue durée au Centre de formation professionnelle Le Granit. À la fin du printemps dernier, le gouvernement du Québec a demandé qu’on mette sur pied ce cours accéléré afin de prêter main-forte en CHSLD dans le contexte de la COVID-19. Les deux femmes ont un parcours différent, mais pour chacune d’elle, cette formation a été une formidable opportunité à saisir. Récit de la découverte de leur vocation, rien de moins!


Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

Nancy Hudon, de Lac-Mégantic, porte en elle le désir d’être préposée aux bénéficiaires depuis longtemps. Elle s’initie aux rudiments de ce métier qui l’attire il y a une dizaine d’années dans le cadre de son travail au Service d’aide à domicile du Granit. À l’époque, lorsque son poste subit une réduction du nombre d’heures, elle doit malheureusement délaisser cet emploi qu’elle aime beaucoup pour en trouver un autre afin de subvenir aux besoins de sa famille, étant mère monoparentale.


Au printemps dernier, lorsque la crise de la COVID-19 s’est déclenchée, Nancy travaillait pour l’entreprise Royer de Lac-Drolet. Bien qu’elle s’y sentait fort appréciée, lorsque le gouvernement a annoncé le programme spécial de formation de préposées pour œuvrer en CHSLD, le choix était clair :


« La porte s’ouvre, alors je la prends! C’est une chance inespérée de pouvoir suivre le cours en trois mois seulement puis de pouvoir faire le métier dont je rêve depuis longtemps! Cette fois, le timing est là! »

Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

Nancy ne tarit pas d’éloges à propos de la qualité de la formation reçue, et tout particulièrement à propos de son enseignante qu’elle qualifie de véritable perle. Elle apprécie tout particulièrement le fait que la matière soit donnée d’une façon vraiment claire et concrète, selon ses dires, ce qui fait en sorte qu’elle se sent tout à fait outillée pour faire face à la présence éventuelle du virus dans son milieu de travail. Elle a adoré son stage et entame son nouvel emploi avec un grand enthousiasme, animée d’un profond désir d’offrir une qualité de présence aux patients auprès de qui elle va travailler. Consciente des défis de ce métier, notamment le fait de côtoyer la souffrance et la mort, tout comme la nécessité de prodiguer des soins à un rythme soutenu afin de pourvoir aux besoins de tous, elle a bon espoir d’arriver à les relever.


En disant cela, son ton de voix change et trahit une certaine émotion :

« J’ai longtemps manqué de confiance en moi. Je n’étais même pas sûre qu’ils me choisiraient pour la formation, vu que j’ai 48 ans. Bien franchement, ces trois derniers mois de formation m’ont beaucoup aidée, j’ai compris que j’étais capable d’apprendre même à mon âge… que justement, il n’y a pas d’âge pour faire ce qu’on veut, qu’il peut encore nous arriver des belles choses si on les saisit! »

Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

De son côté, Annie Babin, de Lac-Drolet, travaille depuis plusieurs années à son compte en tant que photographe professionnelle. Au printemps dernier, elle a pris soin de sa mère qui a subi une blessure, en apprenant tant bien que mal ce qu’il fallait faire.


« Je me sentais un peu démunie, alors je posais plein de questions aux soignants. Je me suis rendu compte que j’aimais ça, mais qu’il faudrait que je fasse une formation là-dedans. »

Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

La pandémie ayant inévitablement fait diminuer un peu ses contrats en tant que photographe, lorsque le cours accéléré pour devenir préposée aux bénéficiaires a été offert, elle y a sérieusement réfléchi, puis a décidé de tenter sa chance. La perspective d’apprendre un nouveau métier tout en continuant son entreprise de photographie lui plaisait beaucoup. Tout comme Nancy, elle a littéralement été séduite par la formation qu’elle a suivie tout l’été, en compagnie d’une vingtaine d’autres étudiants de tous âges et de tous horizons.

« J’adore ça, c’est hallucinant! C’est tellement un beau métier, c’est gratifiant, on se sent utile. On s’attache énormément à nos patients, je pense à eux régulièrement en dehors du travail! J’ai vraiment envie de prendre le temps d’être avec eux, d’interagir pour vrai. Je me suis découvert une vocation! »

Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

Questionnée sur les défis du métier, Annie précise qu’elle est tout à fait consciente que c’est un rôle qui peut parfois être difficile tant physiquement que psychologiquement, tout en demeurant tellement gratifiant. À l’instar de sa collègue, elle mentionne que de composer avec le temps alloué pour effectuer certaines tâches et de côtoyer toutes les formes de souffrance fait partie de ses défis pour le moment. Mais ce n’est pas cela qu’elle retient principalement de ses premiers moments en tant que préposée débutante, au contraire :


« Malgré que les CHSLD de la province aient eu mauvaise presse, surtout au début de la pandémie il y a quelques mois, les patients sont bien, on en prend grand soin, il y a une belle ambiance dans l’équipe soignante et les employés ont à cœur de bien faire leur travail… ce qui me rend très fière de travailler au sein de cette belle organisation! »

Ce sont donc deux femmes enthousiastes et comblées par l’apprentissage de leur nouveau métier qui font leur entrée en tant que préposées dans les milieux de soins ces temps-ci, aux côtés de tous les autres qui ont fait le saut eux aussi. Malgré tous les écueils que la COVID-19 crée sur son passage, elle présente aussi de belles occasions pour certaines personnes, dont Nancy et Annie…


Crédit photo : Claude Grenier NUMÉRA

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